Lance Letscher, collages récents

De retour de l’atelier de Lance Letscher à Austin (Texas), je voudrais vous faire partager mon enthousiasme pour les récents collages de l’artiste, où se retrouvent les couleurs brillantes, l’extrême luminosité et la luxuriance du paysage texan, avec des effets de “peinture” très remarquables.
Bien cordialement,

Bernard Vidal

 

Cactus Flower, 2019, collage, 29 x 32 cm

Cactus Garden, 2019, collage, 32 x 32 cm

 

Christian, 2019, collage, 35,5 x 24 cm

 

In the Water, 2019, collage, 48 x 65 cm

 

The Tree, 2019, collage, 28 x 21,5 cm


Lance Letscher interview november 2017 for Modern Painters

One can’t help getting caught up in your designs, your stories —the visual tangle of thoughts is at times terrifying. There’s a link, too, to Outsider Art with your brand of compulsiveness — the inner rollercoaster, a descent downward perhaps, but also inward.

I do feel those feelings, but by discarding much of what I learned in art school, I began to consider the mental mechanics of creativity — the struggle for dominance between the conscious and unconscious.

In your early pieces, you covered objects with lead: children’s chairs, tricycles, a dissecting table. A series of small, dark paintings of angels, people carrying off dead friends and relatives were all sober, all black and white, each loaded with a narrative of death and survival.

Most were made in the late 1980s at the University of Texas graduate school. I’d read a lot about the concentration camps and then visited Oświęcim, where Auschwitz and Birkenau were located. The Holocaust permeated my work at that time.

I was taken by the child’s ballet slipper, a pillow that looked like someone had slept on it, an isolated arm — all intimately sculpted from white marble. I found some white marble tombstone blanks in East Austin in 1989 and just dove into this beautiful, luminous material. Eventually, though, carving marble became too time consuming, the work too fragile. It was then I started the first quick and simple collages to gain back spontaneity, to work through ideas in a more direct way.

In the film, a collector cites your collage — a pair of two of hearts playing cards mirroring each other, citing their poetry, their symmetry. 

That was made when I first met my wife, Mary — a love note to her.

How did you go from the light poetic pieces — tea- stained cloud and graphite flower collages to the large organized riots of color and narrative in your current work?

It happened over an 18-year period. The work evolved gradually with a couple of breakthroughs, but mostly the changes happened in doing the work.

Which artists influenced you along the way, and what was it about collage that stirred you? 

I read about Egon Schiele when I was about 11; my mother had art books around the house, and years ago I discovered Hannah Hoch; importantly, too, I discovered the quilts from Gees Bend.

The African American women’s quilt-making collective from Gees Bend, Alabama… 

Yes. These ladies prized innovation, amazing palettes and geometric compositions. Plus, art based on utility is very appealing to me.

I know from the film that the suicide of your father had a very powerful impact on you— and your work.

Well, that was the source of the angst…I spun out mentally over the first three years, then periodically into the present. Insomnia, physical pain, panic attacks, two psychotic episodes, suicidal thinking — a rough ride.

Yet, your control of the chaos is dizzying. “Window Study,” 2017, is a precise and exquisite study in illusion. “Sunday Painter,” 2017, is a kind of right brain/left brain see-saw. One can’t help but see the works as metaphors for the conscious and unconscious mind…

I follow color, line and perspective to create movement within the composition. The expressionistic qualities arrive on a different train — not the conscious mind. With the collages, I’m driven by what’s at hand — so the windows allowed me to play with the illusion of depth, gravity and vertigo. Themes come through the cutting — that’s 95 per cent of the work. Then I try to coax the evolution along. The works sort of detach themselves from me… and become kind of a dream within a dream.

Interview by Matthew Rose for Blouin Modern Painters

This article appears in the November 2017 edition of Modern Painters.

Day, 2017, collage en metal, 56 x 71 cm


Lance Letscher

a bird has flown into my room

à la galerie BOA

11, rue d’Artois 75008 Paris

du 7 au 29 septembre 2017

 

Oz Ball, 2017, collage, 26 x 18 x 1 cm


Critique télérama 9/04/2014

Lance Letscher

The Dream of Flight

Il n’y a pas que du pétrole au Texas, mais aussi des piles et des piles de livres scolaires, des catalogues de vente des années 50 ou encore des vieux bouquins de science fiction que l’artiste Lance Letscher, vivant à Austin, adore chiner et accumuler pour les découper, à l’aide d’un scalpel, pendant des heures, et en assembler les sujets avec une précision et une patience rares.

On verra sa récente moisson, avec ses nouveaux collages, où planent partout des avions et des petites planètes … Recycleur acharné et impromptu, l’artiste américain perpétue la tradition du collage Dada ou pop avec une attention presque baroque.

 

English version

There isn’t only oil in Texas but piles and piles of textbooks, catalogs from the 50’s or old science fiction books that the artist Lance Letscher, who lives in Austin, loves antiquing and accumulating to cut them out, with the help of a scalpel, for hours on end and assemble the subjects with a rare precision and patience.

We will see his new crop, with his new collages in which hover a multitude of planes and small planets…  A diligent and impromptu recycler, this American artist perpetrates the tradition of Dada or pop collage with and almost baroque attention.

Laurent Boudier


Lance Letscher

Communiqué de presse

Exposition du 22 mars au 12 mai 2014

-catalogue disponible-

La galerie Vidal–Saint Phalle est heureuse de présenter la quatrième exposition de Lance Letscher en France.

Lance Letscher est né en 1962 aux Etats-Unis.

Il vit et travaille à Austin, Texas.

Son travail a été exposé dans de nombreuses galeries aux Etats-Unis (principalement à New York, à la galerie Howard Scott, à San Francisco à la galerie Steven Wolf, à Los Angeles à la galerie Richard/Bennett, à Austin à la galerie David Berman, à Houston à la galerie Mc Murtrey, à Dallas à la galerie Conduit), et en Europe (en Suisse à la galerie Peter Vann, à Barcelone et Madrid à la galerie Miguel Alzueta, à Bruxelles à la galerie Pascal Polar).

L’œuvre de Lance Letscher est représentée dans de nombreuses collections publiques, principalement dans celles des musées des Beaux Arts d’Houston, d’Austin, de San Antonio, du Museum of Southeast,Texas,  duTyler museum,Texas.

En 2009, l’Université du Texas a consacré à Lance Letscher une importante monographie.

Le travail de Lance Letscher est un travail de collage.

Letscher aime à « chiner » le matériel qu’il utilise : vieux catalogues, revues un peu défraîchies, magazines ou livres usagés, cahiers d’enfants jaunis par le temps, éditions scientifiques périmées… « Tout ce qui est jeté » dit-il lui-même « possède les qualités qui m’attirent le plus, l’usure, la saleté de la longue utilisation, la manipulation, les marques et les griffonnages. »

Il procède ensuite au découpage des documents qu’il a ainsi réunis, ne laissant ce soin à personne d’autre, comme un peintre qui préparerait lui-même ses couleurs.

Excepté que ce travail (de découpe) est minutieux, fastidieux, compte tenu à la fois du nombre d’éléments retenus pour chaque collage et du fait que Letscher ne se contente pas de découper le contour des formes -extrêmement variées-  qui retiennent son attention mais parties ou détails d’entre elles, aussi bien que leurs vides, leurs espaces intérieurs, souvent avec une précision extrême, chaque coup de ciseau ou de cutter étant en soi une décision esthétique.

C’est quand il a accumulé suffisamment de matériaux, que Letscher peut composer ses collages :

Les différents éléments préalablement découpés sont assemblés sur un fond rigide (contreplaqué ou medium), arrangées, réarrangées dans un enchevêtrement complexe, foisonnant. Finalement, elles y sont collées avec une presse si puissante que l’image paraît incrustée dans ce fond, et que sur cette première couche l’artiste peut choisir d’en disposer une deuxième, une troisième…

Dans la préface du catalogue de l’exposition Laurent Boudier écrit :

Longtemps, Lance Letscher a réalisé de grandes compositions aux formes rythmiques, abstraites, offrant au regard un réseau intense de lignes ou de bandes colorées qui multipliaient les jeux ométriques. Ses marqueteries graphiques et colorées rappelaient aussi bien certaines œuvres du Constructivisme que les motifs agencés du patchwork, ou du quilt, aux EtatsUnis, pratiqué, à l’origine, sur la récupération de chutes de tissus par les esclaves noirs. Puis peu à peu, à partir de 2011, certaines œuvres ont laissé percevoir des découpages de petites maisons, dobjets, associés souvent à des lettres ou des mots, qui intriguaient la compréhension, samusaient du trouble de la lecture, images détournées, charades visuelles, cartes et diagrammes, en mosaïques étales. « Dans ce cas, souligne l’artiste, la figure sert de trame, elle permet de représenter certains souvenirs, des personnes ou des événements extérieurs susceptibles de trouver un écho avec le paysage mental de celui qui regarde l’œuvre. Cest une voie nouvelle et cela me permet de construire une structure narrative beaucoup plus complexe à travers les forces et les interactions des différents éléments de chaque collage. »


Art Paris Art Fair – Grand Palais

Retrouvez la Galerie Vidal – Saint Phalle à la foire Art Paris Art Fair au stand B10 dans la nef du Grand Palais.

Sept artistes de la galerie seront présentés lors de l’évènement: Martin Assig, Tony Bevan, Piero Pizzi Cannella, Lorenz Estermann, Pius Fox, Per Kirkeby et Lance Letscher. Cette sélection comprend à la fois des artistes confirmés mais aussi des artistes émergents comme Pius Fox dont la galerie a fait découvrir le travail pour la deuxième fois du 7 décembre 2013 au 23 janvier 2014.


Exposition du 23 mai au 13 juillet 2013

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Lance Letscher, Tinker, 2012, collage, 30 x 21 cm

 

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Max Neumann, L’angle droit, 6 avril 2012, technique mixte sur papier, 31 x 20

 

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Pius Fox, Sans titre, 2011, huile sur carton, 24 x 17 cm

 

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Vincent Hawkins, Sans titre, 2012, Acrylique sur carton , 30 x 21 cm

 

 


La Galerie Vidal-Saint Phalle a 20 ans

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Lance Letscher’s Statement

9 septembre 2011

One of the themes that has been consistent with my work for the last several years is based on the idea of “interiority”; the idea of creating a visual diagram or pictorial narrative structure that reflects the mechanics of an inner thought life. Although there can be autobiographical references, mostly they are fictional and often have to do with chaotic, disjunctive or dissassociative thinking.

In some of the most recent pieces, there are hints at figuration. These figures are often used as an armature for developing depictions of independent memories, personalities or events that might come into play within an individuals inner landscape. When I happened upon this idea, it really opened up a new direction in the work in terms of building a much more complex narrative structure through the dynamics and interactions of the various characters within each piece.

Another, parallel development in the current work involves the use of typography and letter forms. These pieces often hint at words and phrases and then change direction abruptly. Part of my understanding of this direction has to do with engaging the viewer’s verbal and problem solving imagination in an elusive way to create a tension that pulls both towards and away from that type of resolution. I think that this creates an opportunity for the abstract quality of the letters and the use of color start to become the real communicative voice of the collage. The moment of that transition from verbal to visual is, to me at least, very exciting.

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Un des thèmes récurrents dans mon travail de ces dernières années se fonde sur l’idée “d’intériorité” ; l’idée de créer un schéma visuel ou une structure narrative qui reflète le fonctionnement de la pensée intérieure. Celle-ci peut inclure des références autobiographiques, mais la plupart sont imaginaires et s’associent souvent à un cheminement chaotique, disjonctif et en rupture.

Dans certains de mes travaux récents, il y a des traces de figuration. Dans ce cas, la figure sert de trame permettant de représenter certains souvenirs, certaines personnes ou des événements extérieurs susceptibles d’interagir avec le paysage mental du spectateur. Quand cette idée m’est venue cela m’a ouvert une voie nouvelle et m’a permis de construire une structure narrative beaucoup plus complexe à travers les forces et interactions des différents éléments de chaque collage.

Parallèlement, l’autre évolution de mon travail est l’utilisation de lettres et de caractères typographiques. Dans ces travaux il peut être fait allusion à certains mots, certaines phrases, avant qu’il y ait un changement total de direction. Ce que je sais de cette nouvelle direction c’est qu’elle permet de provoquer indirectement l’imagination du spectateur confronté a une énigme textuelle et créer chez lui un tiraillement entre différentes solutions. À mon avis cela permet aux lettres – entités abstraites – et à la couleur de devenir la voix intérieure du collage. Le passage du verbe à la perception visuelle est très excitante, du moins pour moi.

 


Lance Letscher

9 septembre 2011

“ten cups a day” 2011, 29,2 x 20,3 cm

Exposition du 10 septembre au 29 octobre 2011

Vernissage le samedi 10 septembre en présence de l’artiste

Catalogue disponible

Life of Books, 2014, collage, 32 x 45 cm

Life of Books, 2014, collage, 32 x 45 cm

La galerie Vidal-Saint Phalle est heureuse de présenter la troisième exposition personnelle de Lance Letscher en France.

Lance Letscher a 48 ans. Il vit et travaille à Austin (Texas).

Il a été exposé dans de nombreuses galeries aux Etats-unis : Aux Howard Scott Gallery (New York et Chicago)

Steven Wolf Gallery (San Francisco) ; Conduit Gallery (Dallas, Texas); Richard/ Bennett Gallery (Los Angeles), à Austin (McMurtrey Gallery 2002-2006, David Berman Gallery, 2001-2006)

Il a également exposé en Europe :

à Barcelone (Art Gaspar, 2004) à Munich (galerie Renate Bender, 2003), à Berlin (galerie Tammen), à Bruxelles (galerie Polar).

Il est représenté dans diverses collections publiques :

Museum of Fine Arts, Houston, Museum of Fine Arts, Austin, Museum of Southeast Texas, Beaumont, Texas, Tyler Museum of Art, Tyler, Texas, notamment.

Lance Letscher utilise le bois, le marbre, les vieux livres et le papier, qu’il détourne.

Comme l’écrit le critique Jonathan Goodman :

« Grâce à des répétitions de formes, Lance Letscher crée des formes rythmiques, qu’il développe intuitivement, ici par le jeu parallèle de bandes colorées, là par la naissance de formes géométriques insolites et magnifiques… »

Lance Letscher incorpore également dans ses collages des mots, des phrases extraites de livres de poche ou de vieux catalogues, lettres manuscrites trouvées aux puces.

Comme le dit le conservateur du musée d’Austin, Texas, Mme Dana Friis-Hansen « sans que l’on cherche à en deviner entièrement le sens, chaque bloc de mots résonne en nous et notre inconscient.

Lance Letscher lui-même explique :

« Ma méthode de travail consiste d’abord à empiler les matériaux à les découper en parties, puis à assembler celles-ci, les coller, les mettre sous presse et les re-découper à nouveau pour aboutir à leur forme finale. Enfin je les assemble dans une composition préliminaire sans les coller. Je défais cette première composition jusqu’à ce que ça devienne intéressant. Je transfère ce qu’il en advient sur un panneau, je les colle, les mets sous presse et laisse sécher…

Mon emploi de lettres et de mots a pris différentes directions. À l’origine il s’agissait d’exprimer une pensée chaotique et délibérément incomplète. Maintenant un nombre important de travaux se présentent comme des cartes ou des diagrammes mentaux. Ceux-ci insistent habituellement sur les phénomènes de ruptures et de provocation à l’égard du spectateur. Je détourne à dessein les mots auxquels je fais allusion ou les images auxquelles je fais référence. »

 

Little Lulu, 2014, collage, 25.5 x 19 cm

Little Lulu, 2014, collage, 25.5 x 19 cm

 


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