Critique l’agora des arts septembre 2014

Découvrez ou retrouvez, puisque c’est la huitième exposition que lui consacre la galerie, Pierro Pizzi Cannella (né en 1955), peintre italien qui travaille à Rome. Sur les murs blancs, une quinzaine de tableaux d’un format similaire, sur bois ou sur papier, dans des tonalités de noir, plus ou moins intense, et d’ivoire, plus ou moins foncé. On peut y déceler différents thèmes : le souvenir, la mémoire, l’ailleurs, avec ces salamandres que le peintre voyait dans les champs de son enfance et qui ponctuent quelques tableaux. On y devine aussi l’allusion à un être, corps plus qu’âme, peut-être aimé, sûrement absent : celui ou celle qui devrait être assis sur cette chaise solitaire, celle qui devrait, sous ce lustre volumineux, porter cette robe de soirée, ou manier cet éventail tombé des étoiles, celle qui ornerait son cou gracile d’une perle. Dans d’autres tableaux encore, l’artiste nous offre un voyage, l’aventure sur un fleuve où se reflètent des dômes non identifiés, ou dans le vol d’oiseaux survolant ce qui peut être une carte du monde. Texture, composition, lumière mystérieuse émanant des objets blancs sur fonds noirs et noirs sur fonds ivoire, ambiance subtile due à l’accrochage des tableaux qui encerclent le visiteur, et vous vous croirez dans une salle de bal, sur une terrasse étoilée, ou sur la rive d’un fleuve exotique…. Vaut le déplacement.

Elisabeth Hopkins