Critique Télérama septembre 2014

Installé dans une ancienne usine de pâtes alimentaires dans le quartier de San Lorenzo à Rome, l’artiste italien Piero Pizzi Cannella est connu pour son caractère hédoniste et son sacré coup de fourchette lors de déjeuners d’amis de plusieurs heures. Mais cet appétit légendaire sait aussi se fondre, presque zen, en une formidable retenue picturale, d’une grande poésie, comme on le verra dans cette suite de récentes peintures sur bois exposées par la galerie Vidal-Saint Phalle installée dans le Marais : petite robe d’été à peine ébauchée, lézard qui se faufile, villes imaginaires ou cosmologies tracées d’une encre liquide, compositions d’objets inscrits dans un noir bitumeux, tout évoque le merveilleux et le mystère légers. Un art si délicat et sensuel.

Laurent Boudier