Atta Kwami – Fabrication

May 28, 2013

Fabrication

16 février – 30 mars 2013

Atta Kwami est né en 1956 à Accra (Ghana). Il vit et travaille à Kumasi (Ghana) et à Loughborough (Royaume-Uni).

La galerie Vidal-Saint Phalle est heureuse d’être la première à exposer son travail en France.

La plupart des tableaux l’exposition Fabrication ont été réalisés dans l’ancien atelier de la mère de l’artiste, Grace Salomé Kwami, situé à proximité de Ho (Ghana), dans une région mi-rurale, mi-urbaine.

Atta Kwami dit de son travail récent « qu’il explore le dynamisme, les structures rythmiques et le pouvoir d’improvisation souvent associés à la pratique visuelle africaine…Un schéma compositionnel commun est celui de l’exploration et de l’exploitation des registres horizontal et vertical…Le lien entre ma peinture et le dessin des pagnes en bandes tissées est inévitable. Mais tout en évoquant la palette du kente (i.e tissu de coton et de soie) ghanéen, mon travail fait aussi allusion à la fragilité de la vie humaine, en particulier en Afrique où la voix des pauvres peut se faire entendre à travers la manière dont ils transforment leur cadre de vie, par le biais d’une esthétique personnelle. Ironiquement, leur engagement enrichit ma vie artistique. Parfois, lorsque je peins, je suis en transe, parfois aussi j’ai l’impression qu’une conversation s’est établie entre moi et les matériaux, ou entre moi et d’autres artistes, vivants ou morts, africains et non africains. »

Atta Kwami, qui est également connu pour ses installations et ses sculptures, dit de ses peintures, souvent de petit format :

« Pour moi, le petit format n’est pas une limite. Il ne réduit pas le montant d’énergie que j’imprime sur la surface peinte et bien que je travaille également en grands formats, j’ai une intimité particulière avec les peintures de petite dimension. »

Il ajoute : « Les qualités que je recherche sont la clarté, la simplicité, l’intensité, la subtilité, des structures architectoniques, de la musicalité (rythme et tonalité), l’intégrité et la spontanéité. Tant de choses se manifestent spontanément en peinture : la musique de jazz et la musique ghanéenne (en particulier celle de Koo Nimo), les peintures murales, les couleurs du sol, l’échelle pentatonique du xylophone… »

Atta Kwami est peintre et sculpteur, historien d’art, conservateur, diplômé (Bachelor of Art) de l’école des Beaux-Arts de Kumasi (Ghana), docteur en histoire de l’art de l’Open University (Royaume-Uni). Il enseigne depuis de nombreuses années à l’Université Knust (Ghana) et a été professeur invité par de nombreuses universités en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis.

Récentes expositions individuelles en galeries :

2011 galerie Nicolas Krupp, Bâle.

2010-2008 Howard Scott gallery, New York.

2003-2002, galerie Nicolas Krupp, Bâle.

2001 Kunsthalle, Bâle.

Récentes expositions collectives en galeries :

2011 The Mojo gallery, Dubaï

2010 Léo Konig Inc, New York.

2009-2006 Beardsmore gallery, Londres.

Collections publiques (sélection) :

Metropolitan Museum, New York.

Smithsonian Institute, Washington.

National Musuem of African Art, Washington.

British Museum, Londres.

Victoria and Albert Museum, Londres.

Queensland art gallery, National Museum of Ghana

National Museum of Kenya.

Per Kirkeby – Oeuvres récentes

October 26, 2013

Œuvres récentes

13 octobre –1er décembre 2012

Vernissage le samedi 13 octobre de 16h à 20h en présence de l’artiste

“Les longues heures du coucher du soleil sont l’endroit du monde où j’ai grandi.”

Per Kirkeby

La Galerie Vidal- Saint Phalle est heureuse d’exposer pour la cinquième fois un ensemble d’œuvres de Per Kirkeby.

Une importante suite d’expositions muséales ont consacré ces dernières années le travail de ce grand artiste.

D’abord en 2009 à la Tate Modern de Londres et l’année suivante au Museum Kunstpalast de Dusseldorf. Puis en 2011 au Museum für Druckkunst de Leipzig et au Leopold-Hoesch-Museum de Düren. Enfin en 2012 au Byzantine and Christian Museum d’Athènes, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au Museum Küppersmühle de Duisburg, à la Städtische Galerie de Karlsruhe, au Museum Schloss Wilhelmshöhe de Kassel, notamment et ce mois à la Phillips Collection de Washington.

Enfin la collection Michael Werner exposée actuellement au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris comprend des œuvres majeures de l’artiste.

Comme l’écrit Achim Borchardt-Hume dans son introduction au catalogue de la Tate Modern :

L’œuvre de Per Kirkeby peut désarçonner, étant donnée la variété des médiums utilisés et des formes stylistiques empruntées par l’artiste: peintures, sculptures, architectures, dessins, performances, estampes ou cinéma. Kirkeby est également l’auteur de recueils de poésie, d’essais, de textes courts qui permettent de mieux comprendre sa pratique ainsi que celle d’artistes qu’il estime : Le Greco , Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Peder Balke, Jens Ferdinand Willumsen et Pablo Picasso pour ne citer que quelques-uns. Cependant on comprend que cette création universaliste de Kirkeby est un appareil où, dominant contradictions et ambiguïtés, il trouve sa force.

Kirkeby dit, non sans humour, dans un entretien avec Siegfried Gohr :

Il y a deux qualificatifs que je déteste quand on parle de mon travail. Le premier est « paysages » le second est « coloriste », je les ai toujours détestés. Je suis un homme de la ville. Je n’ai jamais eu avec le paysage cette sorte de relation « oh quelle jolie vue ». Pour moi le « paysage » est un concept historique, une forme de cliché qu’on peut abandonner à tout moment, mes peintures ne sont pas spécialement «des peintures de paysages »

Poul Erik TØJNER écrit dans la monographie consacrée en 2003 à Per Kirkeby « Long voyage vers l’ordinaire » :

Kirkeby a su éviter les tentatives désespérées de l’avant-garde d’échapper à la tradition, sans pour autant s’abandonner lui-même à une forme d’académisme qui serait pire encore. Il y a réussi en maintenant le point de vue historique qui est le sien. Pour Kirkeby la leçon de l’histoire de l’art est que sous le traditionalisme on trouve des éléments méconnus, expérimentaux, étranges ou bizarres, et que l’avant garde peut trouver dans la tradition des éléments d’inspiration.

Richard Leydier, dans le texte introductif de cette exposition :

La destruction compose l’ADN de la peinture de Kirkeby. Déterminer le point d’orgue de l’achèvement du tableau n’est pas sans résonner avec le fragile équilibre des paysages verticalisés qui s’y élèvent. Ces derniers apparaissent tranchés, comme après une coupe violente révélant les lignes de faille, les veines granitiques et les argiles, mais aussi les troncs d’arbres abattus ou fièrement dressés, les clairières et les ciels de fin du monde. Les tableaux de Per Kirkeby révèlent une structure commune aux êtres, aux choses bâties par les humains et aux créations dites naturelles, tous innervés par une même énergie vitaliste. Mais ce temps créateur est par ailleurs dévorant, il préside aussi à une même destinée des montagnes, des architectures fussent-elles millénaires, à travers leur érosion, leur ruine, leur disparition.

Sans titre, 2010, huile sur toile, 200 x 145 cm

Sans titre, 2010, huile sur toile, 200 x 145 cm

 

Albert Ràfols-Casamada, peintre et poète

September 11, 2012

Les grands musées espagnols ont consacré d’importantes rétrospectives à son œuvre de peintre : Fondation Joan Miro et MACBA à Barcelone, Musée Espagnol d’Art Contemporain à Madrid, IVAM à Valence… De multiples distinctions et, ces dernières années, d’innombrables hommages lui ont été attribués en Espagne : prix National des Arts Plastiques (1980), Prix Caceres (1981), Prix National des Arts Visuels de la Catalogne (2003), Prix de la Fondation Royale de la Monnaie (Madrid 2006), Médaille d’Or du Mérite artistique de la Ville (Barcelone 2008)…

Albert Ràfols-Casamada est respecté comme un maître (au meilleur sens du terme) pour avoir fondé avec Alexandre Cirici (en 1967) et dirigé l’école EINA, devenue l’une des deux plus grandes écoles de beaux-arts, architecture et design de Barcelone. Cette école est célèbre pour l’enseignement qu’elle dispense mais aussi parce qu’elle fut un véritable foyer de résistance au franquisme.

Comme l’indique le titre de son journal D’un mateix traç (D’un même trait), Ràfols-Casamada a été toute sa vie autant poète que peintre : en 2000, l’édition Enciclopedia Catalana publiait un volume regroupant plus de 800 poèmes sous le titre « Signe d’air », œuvre poétique 1939-1999.

En France, plus d’une trentaine d’expositions personnelles ont présenté sa peinture (Musée Ziem à Martigues, Musées de Dieppe, Brou, Tourcoing…, centres d’art à Bordeaux, Compiègne, Châteauroux, Toulouse, Royan, Hennebont, Le Mans, Hôtel des Arts à Toulon…) représentée à Paris par la Galerie Clivages de 1982 à 1998 puis par la Galerie Vidal – Saint Phalle de 1998 à aujourd’hui. Plusieurs centaines de ses œuvres figurent dans les collections françaises. L’École Normale Supérieure de Lettres et Sciences Humaines de Lyon (pour laquelle l’artiste a réalisé une peinture monumentale) lui a décerné en 2008 le titre de « Docteur Honoris Causa ». En juin 2009 une double exposition lui rendait hommage à Paris, exposition couplée avec un colloque « Ràfols-Casamada, peintre et poète » au Centre d’Études Catalanes.

De 2006 à 2009 une exposition Ràfols-Casamada, Painting 1950-2005 conçue par J.F Yvars a été présentée à Guadalajara, Mexico, New -York, Rome, Lisbonne, Prague, Tirana.

Repères

Né à Barcelone le 2 février 1923, Albert Ràfols-Casamada est mort à Barcelone le 17 décembre 2009.

Le grand-père et le père d’Albert Ràfols-Casamada étaient peintres. Albert Ràfols, portant le même prénom que son père, adjoignit à Ràfols le nom de sa mère : Casamada. Il rencontre à 22 ans Maria Girona, fille d’architecte et peintre elle aussi, qui sera sa femme et sa compagne jusqu’à la fin.

Années de formation

Albert Ràfols-Casamada commença des études d’architecture mais il avait appris à dessiner avec son père et s’était intéressé très jeune (par la lecture de revues) à des œuvres de Picasso, Braque, Miró et Torres-Garcia. Dès 1946 il participe au groupe Els Vuit et dès 1948, à la fondation du Salon d’Octobre : il décide de se consacrer entièrement à la peinture. Entièrement aussi à la poésie ! Car, dès l’âge de 15-16 ans, il avait été attiré par la poésie de Garcia Lorca, Salvat-Papasseit, Carles Riba…Ses admirations iront plus tard à Stéphane Mallarmé et à Pierre Reverdy, à Wallace Stevens, à Giuseppe Ungaretti ou au poète catalan J. V. Foix. Écrivant toujours en catalan, il mènera toute sa vie la double activité de peintre et de poète comme l’exprime le titre de son Journal : D’un mateix traç (D’un même trait). La réalisation de gravures pour de nombreux livres atteste cette double appartenance, ainsi Le Surcroît, poème d’André du Bouchet, ou Policromia o La Galeria dels miralls, dont il est à la fois l’auteur et l’illustrateur.

1950-1954 Il obtient une bourse du gouvernement français et se rend à Paris où il fera deux séjours de deux ans. En même temps que la poésie française, il connaît mieux le cubisme de Picasso et de Braque et surtout les œuvres de Matisse et de Schwitters. Un voyage en Belgique et Hollande lui fait voir des peintures de Van Gogh, de Mondrian et du groupe De Stijl.

Sa peinture évolue vers l’abstraction. L’influence de Nicolas de Staël apparaît.

1955-1958 A son retour en Espagne, deux importantes expositions, à Barcelone et à Madrid, lui font découvrir la peinture nord-américaine, tout particulièrement la couleur de Rothko. Ràfols évoquera régulièrement ces influences qui ont peu à peu façonné son langage et qui lui auront permis d’allier à une extrême sensibilité une définition rigoureuse de l’espace pictural.

Années 60 : attiré d’abord par « la nudité vide de grands espaces de couleur », Ràfols-Casamada introduit dans ses tableaux des objets, des collages, des « hommages » à la société qui lui permettent de dialoguer avec elle dans ce qu’on a pu appeler un « pop art catalan », plus harmonieux et construit que le pop art américain.

Années 70 : architecture, espace, couleur, les préoccupations majeures de sa peinture lui donnent une vraie singularité. Son style se dépouille et s’oriente vers une « peinture claire » dont la matité évoque la fresque. La lumière y joue un rôle essentiel. Années 80 : comme dans les Quatre Saisons que Ràfols-Casamada peint pour les voûtes de la Mairie de Barcelone, le format de ses œuvres grandit, l’espace semble traversé d’air. La couleur est l’élément moteur, émotionnel de ses tableaux. Le bleu prépondérant (on parle alors d’un « bleu Ràfols ») suggère la présence de la mer, la Méditerranée, essentielle pour ce peintre-poète, lecteur passionné d’Homère qui séjourne régulièrement à Cadaqués. Victoria Combalia a pu qualifier de « constructivisme sentimental » le propos de Ràfols en cette période. On peut évoquer aussi la poétique de Marcel Proust et l’esthétique de Pierre Bonnard: l’émotion d’un moment vécu, souvent heureux, est transposée sur la toile par l’association de touches multiples, souples et vibrantes et la science de la construction. A partir des années 80, l’œuvre de Ràfols-Casamada fait l’objet d’une reconnaissance internationale et elle exerce désormais une influence déterminante sur beaucoup d’artistes. Toute une génération d’élèves est formée par l’école EINA que Ràfols dirige ; ces élèves, devenus plus tard des artistes ou architectes célèbres, lui rendront souvent hommage. A Barcelone d’abord, puis dans la plupart des musées espagnols, de vastes expositions font apparaître l’évolution considérable, et pourtant sans rupture déclarée, dans une œuvre ouverte et abordable bien que savante.

Années 90 : C’est sans doute la période la plus créative de l’artiste et, selon son propre mot, la plus « imaginative ». La couleur s’approfondit, les terres de Sienne, les ocres supplantent peut-être les bleus, eux-mêmes plus sourds, plus intenses. Les « objets » sont devenus des « présences » dans un monde toujours sensible et pourtant plus abstrait, basculant progressivement dans le souvenir du « Dehors » et dans ses jeux de « Reflet ». Il faut alors, pour certains tableaux de Ràfols-Casamada, rappeler son admiration majeure pour Vélasquez.

Il serait bien sûr artificiel de séparer les décades, on ne doit pas isoler les années 2000 du reste de l’œuvre. Le peintre introduit alors des contrastes aigus de rouge et de jaune vif, des saccades, des rythmes rapides et musicaux. Sur le champ de la toile, les objets sont dispersés avec encore plus d’audace. Plus de solitude et de distance entre eux ? Cette volonté que « la couleur parle plus haut » va pourtant de pair avec une prédilection unificatrice (par sa douceur ou par sa nostalgie), pour des fonds gris, souvent clairs comme les gris de Morandi. Et avec une liberté que l’architecture n’a plus à canaliser car c’est là, certainement, le Ryhme soutenu de l’Espace ouvert.

Jean-Pascal Léger

 

Certains des dessins exposés par la Galerie Vidal-Saint Phalle du 8 septembre au 6 octobre 2012 ont été présentés dans une exposition itinérante dans les institutions de Catalogne de 2010 à 2012 (Fundació Palau, Diputació Barcelona).

WILLIAM MACKENDREE

May 04, 2012

VINYL VOCABULARY

Une importante monographie consacrée au peintre William MacKendree (Vinyl Vocabulary) vient d’être publiée par les éditions Hirmer (Munich). Ce livre de format 30 x 24 cm comprend 148 pages et 100 reproductions en couleur. Il inclut une préface d’Alain Mousseigne, Directeur des Abattoirs de Toulouse, et un entretien de Laurie Hurwitz, historienne d’art, avec l’artiste.

Le travail de William MacKendree a été exposé dans une quarantaine de musées et galeries en Europe. Il est présent notamment dans les collections du Centre Pompidou à Paris, de la Neue Galerie der Stadt à Linz, du Musée d’Art Contemporain à Toulouse, de la Ville de Paris, de la Grande Arche de la Défense.

Il est exposé à la galerie Vidal-Saint Phalle depuis 1991

 

William MacKendree, Two Houses, 2008, encre sur papier, 27 x 35 cm

William MacKendree, Two Houses, 2008, encre sur papier, 27 x 35 cm

Albert Ràfols-Casamada – Antoni Ros Blasco

April 12, 2012

Communiqué de l’exposition

Galerie Vidal-Saint Phalle

5 avril – 12 mai 2012

Barcelone et Paris

Albert Ràfols-Casamada est né en 1923 à Barcelone. Il obtient une bourse du gouvernement français et se rend à Paris pour deux séjours de deux ans (1950-1954). Avec sa femme, Maria Girona, il hésite à rester vivre en France mais tous deux rentrent finalement à Barcelone. C’est là qu’il réalise son œuvre de peintre et de poète tout en faisant de nombreux voyages hors d’Espagne à l’occasion de ses expositions, notamment de fréquents séjours en France. Devenu l’une des grandes figures intellectuelles de Catalogne, il meurt à Barcelone à la fin de l’année 2009.

Antoni Ros Blasco est né à Barcelone en 1950. Il obtient une bourse du gouvernement français et se rend à Paris en 1976. Il se fixe à Paris où il vit et travaille, tout en faisant de réguliers séjours à Barcelone. Depuis sept ou huit ans, son œuvre de peintre connaît une profonde évolution que révèlent ses expositions à la Galerie Vidal-Saint Phalle (jusqu’au 12 mai) et au centre d’art L’espal, au Mans, (24 avril – fin juin 2012).

En dépit de cette forte communauté d’origine et bien qu’Antoni Ros Blasco dise son admiration pour l’œuvre de Ràfols, on ne peut rapprocher à l’excès deux propos d’artistes bien différents.

 

Dans les tableaux d’Albert Ràfols-Casamada des années 80, l’architecture des lignes verticales (Forma central, 1983) ou obliques (Jardi, 1985) définit l’espace ; la touche (presqu’encore postimpressionniste) anime cet espace qui semble traversé d’air. La couleur en est l’élément moteur, émotionnel. Un tableau de Ràfols propose d’un moment vécu la transposition souple mais construite. Architecture, espace, couleur sont les préoccupations majeures du peintre. Le quatrième mot serait bien sûr : lumière, pourtant cette lumière est en quelque sorte conditionnée par l’espace et elle peut basculer avec lui (Forma central, Brooklyn). Basculer du jour à la nuit ou à l’indistinct tel un brouillard ou aussi bien une lumière insolente sur les objets de la maison ou de la ville.

Un tableau comme Interior romà (1986) montre que la couleur s’approfondira, que les « objets » deviendront des « présences » plus ambiguës, des ouvertures mystérieuses ou à demi cachées et des jeux de reflet. La lumière peut aussi noyer les objets quand elle envahit tout l’espace et que le « Dehors » éblouissant, aveuglant, envahit l’ « Intérieur » (Interior blanc, 1987) comme une marée blanche.

 

 

Le noir d’Antoni Ros Blasco

C’est au noir que le peintre demande de révéler ses pouvoirs : ses désirs, ses fantômes, sa puissance.

Le noir est une condensation, mes peintures sont plutôt des condensations.

Le noir contient une sorte d’énergie potentielle, on peut y puiser.

La lumière noire est plutôt un préambule pour entrer dans une autre lumière qui n’est ni aveuglante ni insolente.

Par rapport à sa peinture des années 80, Antoni Ros Blasco a, le plus souvent, débarrassé ses tableaux des effets de matière ou il a réduit et isolé ces effets. Il a simultanément dépouillé l’espace pour en faire résonner l’étendue et, pour ainsi dire, le son infini du noir. Cette concentration aide à atteindre la cible. Le sens.

Les signes et les Totems que nous découvrons dans ses toiles sont en fait autant d’apparitions de la condition humaine ou de garde-fous d’un espace pictural chargé, dense, habité – symbolique – parfois sous l’apparence d’une hiératique nudité. C’est que le noir (ou la nuit) ouvre l’espace verticalement aux Chutes et le temps profondément aux Appels indicibles et aux Retours terribles de la mémoire.

Retour à Barcelone encore, à son Histoire, à l’émotion de son secret.

Au pays de Gaudi et de Gargallo, le feu ronge ainsi les corps, il sculpte ainsi ses Vanités : Ferraille (2011).

 

Exposition réalisée en collaboration avec Jean-Pascal Léger

Vernissage le jeudi 5 avril de 18h à 21h

Rencontre avec Antoni Ros Blasco le mardi 10 avril à 20h

Ouverture exceptionnelle de 11h à 19h samedi 14 et samedi 21 avril

 

GALERIE VIDAL-SAINT PHALLE

10, rue du Trésor – 75004 Paris

Tel 01 42 76 06 05 – Fax 01 42 76 05 33

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