Pius Fox

April 12, 2012

Pius Fox est né en 1983 à Berlin, où il vit et travaille.

Diplômé de l’Université des Arts de Berlin (VdK), il a récemment exposé en Allemagne (galerie Martin Mertens, Berlin et Munich) et au Royaume-Uni (galerie Patrick Heide, Londres).

La galerie Vidal-Saint Phalle l’expose pour la première fois à Paris.

Pius Fox revisite des motifs architecturaux, des éléments empruntés aux grands Maitres. Il leur apporte sa vision contemporaine, une dimension nouvelle et surprenante.

Pius Fox travaille volontiers sur de petits formats. Sa peinture est le plus souvent abstraite. Il joue des transparences, des épaisseurs, des contrastes de couleurs, laissant les différentes couches se superposer de façon visible. Ses couleurs sont douces, sobres, les contours de ses images marqués avec force.

Quand la figuration apparaît, elle le fait de façon insolite, intruse.

Pius Fox cherche une tension entre forme et contexte, une trame et un rythme classique et contemporain.

Voici ce qu’il dit lui-même de son travail :

Sur la durée infinie de la peinture. La permanence de la recherche. Le legs de la trace dans la neige.

Le tableau est recherche d’un lieu, d’un espace, recherche de réalité et tentation de la trouver. Ce que je veux voir en tant que représentant de cette réalité est ce qui m’excite parce que je ne le connais pas.

Le tableau n’est pas visualisation mais recherche de ce qu’il ne sait pas encore. C’est sa durée infinie et son excitation, sa limite et son immensité. Les cercles de l’aigle.

Quand le tableau est sec et qu’il s’est par là même éloigné, le vrai discours commence à prospérer, le discours de ce qui est atteint et ce qui ne l’est pas. Alors commence le bref ou le long moment de la fin d’un tableau et la question de savoir si l’on est arrivé ou si l’on continue le voyage. C’est une lutte, un état de veille sans fin.

L’encadrement de la nuit. Le cadre est ce qui ferme le lieu doucement et marque ce qui s’est passé.

Quelle est maintenant la réalité de cet événement circonscrit, qu’y a-t-il dans le cadre, qu’y a-t-il derrière la porte, derrière la fenêtre, que se passe-t-il à la surface ? Que me raconte cette réalité trouvée, inventée dans un espace ?

C’est ce que je ne peux formuler par la langue, entouré du fardeau du visible et de l’insatisfaction de l’invisible. C’est ce qui s’est frayé son chemin de cette façon seulement, par delà la couleur.

Pius Fox, Sans titre, 2012, huile sur papier, 30 x 20cm

 

 

Pius Fox, DSC6467,o.T., Schattenstreifen, 2012, huile sur papier, 46x38cm

Tony Bevan – Martin Assig – Max Neumann

January 13, 2012

7 janvier – 21 février 2012

La galerie Vidal-Saint Phalle est heureuse de présenter le travail récent de trois artistes avec lesquels elle collabore depuis de nombreuses années.

Martin Assig est né en 1959 à Schwelm, Allemagne, et vit et travaille à Berlin et Brädikow.

Principales expositions publiques (sélection) :

Musée des Beaux-Arts de Sarrebruck, Centre d’art Reina Sofia, Madrid, Neues Museum Weserburg, Brême, Centre d’art Caja de Burgos notamment.

Sont présentés à cette exposition différents travaux récents :

Une suite de pastels sur papier, dont le titre générique « St Paul » rend hommage à Paul Klee – des peintures à l’huile de petit format, peintes sur des tableaux d’amateurs dont elles laissent visibles certains éléments – et de grandes encres sur papier.

Martin Assig associe de la cire industrielle aux différents mediums qu’il utilise, étant attaché à l’effet particulier de transparence que donne la cire. Dans ses travaux, il aime également évoquer sa vie intérieure, les pensées qui l’animent : des mots traversent ses œuvres, mots sérieux, mots qui questionnent et parlent d’une volonté de retour à l’essentiel.

Tony Bevan est né en 1951 à Bradford, Angleterre, et vit et travaille à Londres.

Principales expositions publiques (sélection) : Musée Maillol, Paris, The Israel Museum, Jérusalem, Ivam, Valence, Espagne, Whitechapel gallery, Londres, National Portrait Gallery, Londres, Today Museum, Beijing, notamment.

Le travail de Tony Bevan se poursuit autour de deux thèmes principaux, les «architectures », dont les motifs évoluent au fil du temps, et les «têtes » ou autoportraits. Ces deux thèmes tendant à s’entrecroiser, les caractéristiques du visage étant abandonnées au profit d’un enchevêtrement de lignes essentielles. Dans cette exposition, certains visages empruntent une forme nouvelle ( “Le sourire” ) tandis que d’autres poursuivent certaines références précédemment faites, notamment au sculpteur du 18ème siècle, Messerchmidt.

Tony Bevan utilise essentiellement le charbon de bois et l’acrylique, travaillant à plat sur le sol de son atelier. Il dessine préalablement au charbon de bois avant de recouvrir ce trait initial d’acrylique. Par la seule force du trait, le charbon de bois tend à se fragmenter et à se disperser sur le support.

Max Neumann, né à Sarrebruck en 1949, vit et travaille à Berlin.

Principales expositions publiques (sélection) : Musée Folkwang d’Essen, Musée du Schleswig-Holstein, Musée des Beaux-Arts de Sarrebruck, Musée d’Ixelles, Bruxelles notamment.

La figure est le principal sujet de Max Neumann. Une figure souvent privée de traits distinctifs où peut manquer le regard, ou la bouche, ou une oreille. Ces figures sont rarement des portraits – le visage de quelqu’un en particulier, saisi dans sa singularité- ou les archétypes d’un caractère ou d’un état particulier. Ce sont des moments de la conscience, des paysages d’inquiétude que nous voyons de loin et à distance. Nul drame, familier ou tragique, que nous soyons contraints de partager.

Ces dernières années, le travail de Max Neumann s’est enrichi d’un changement des techniques utilisées, travaillant plus fréquemment à l’huile, de façon plus serrée, le trait plus dessiné, les couleurs posées différemment, acidulées.

Thomas Müller – Säumen

November 05, 2011

Oeuvres sur papier

5 novembre- 23 décembre 2011

Säumen : ourler, border, hésiter

Thomas Müller donne un titre à ses expositions.

Le titre qu’il a choisi pour sa troisième exposition à la Galerie Vidal-Saint Phalle est significatif de son travail récent.

Ourler : il y a quelque chose qui évoque la broderie, la finesse, le charme et l’élégance du point dans le travail de Thomas Müller.

Il y a aussi, à travers une grande variété de thèmes graphiques, un univers qui se développe comme tout autant de motifs brodés.

Border : les lignes sont essentielles dans les œuvres sur papier de Thomas Müller elles les construisent et les finissent comme le feraient de grands arbres bordant une allée ou un paysage.

Hésiter : Thomas Müller est chaque matin à son atelier et, peut-être parce que c’est l’atelier d’un artiste qui ne travaille que le papier et où est absente l’ambiance de « haut fourneau » des ateliers de peintures, le visiteur y est sensible à l’atmosphère calme de méditation qui y règne.

Thomas Müller conçoit lui-même ses accrochages.

Dans cette exposition, il a inclus, en plus de ses deux formats précédents habituels (le petit 29,7 x 21 cm et le grand 160 x 115 cm), un autre format (207 x 148 cm).

L’ajout de cette nouvelle grande dimension est important.

De même, la présence, cette fois dans les petits formats, de collages et d’impressions contribue à enrichir un langage dans la combinaison de techniques diverses est subtiles.

 

 

Recent works on paper

5th of november- 23rd of december 2011

Säumen : to line, border, hesitate

Thomas Müller gives titles to his exhibitions.

The title his has chosen for his third exhibition at the Vidal-Saint Phalle Gallery is relevant to his recent work.

To Line : there is an element of needlepoint, the refines, charm and elegance of the stitch in Thomas Müller’s work.

There is also, throughout a multitude of graphic references, an environment that is duplicated in the same way as embroidery.

Border : lines are essential in Thomas Müller’s work , they shape and end the paper in the same way as a hedge of high trees that border a path or landscape.

Hesitate : Thomas Müller is in his studio every day and maybe, due to the fact that he works on paper a cleanliness that oil painting lacks, makes the visitor sensitive to a calm and meditative atmosphere.

But as the work on paper does not accept error or alterations, we can understand Thomas Müller’s hesitations.

Thomas Müller conceives his own hangings.

In this exhibition he has included, amongst his usual formats ( the small one 29,7 x 21 cm and the bigger 160 x 115 cm), another one ( 207 x 148 cm).

The addition of this new dimension is important.

In the same way, the presence of collage and prints in the smaller formats contributes to enrich the language in which the combination of different techniques is extremely subtle.

Recent solo shows.

2011

Säumen, Galerie Vidal-Saint Phalle, Paris

Soul Train. Positionen der Zeichnung, Galeriehaus Nord, Nürnberg (with Peter Radelfinger)

Fruehsorge contemporary drawings, Berlin

2010

Florian Sundheimer, Kunsthandel, Munich

Wellen und Teilchen, Galerie Parterre, Berlin

2009

Patrick Heide Contemporary Art, London

Centre for recent Drawing, London

Gezeiten, Galerie Vidal-Saint Phalle, Paris, France

Gezeiten, Galerie Schlégl- Nicole Schlégl, Zurich, Suisse

2007

Galerie Michael Sturm, Stuttgart

2006

Twist, œuvres sur papier, Galerie Vidal-Saint Phalle, Paris, France

Zeichnungen, Galerie da entlang, Dortmund

2004

Zeichnungen, Museum Chasa Jaura Valchava (Schweiz)

Nexus, fruehsorge, Galerie für Zeichnung, Berlin

2003

Zeichnung heute, Kunstmuseum Bonn, Allemagne

Artist in residence, the Chinati Foundation, Marfa, Texas

Public Collections (selection)

Centre Georges Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris. Hamburger Kunsthalle, Kunstmuseum Bonn, Kunstmuseum Stuttgart, Staatliche Graphische Sammlung, München, Staatlilche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinett.

 

Lance Letscher

September 09, 2011

9 septembre 2011

“ten cups a day” 2011, 29,2 x 20,3 cm

Exposition du 10 septembre au 29 octobre 2011

Vernissage le samedi 10 septembre en présence de l’artiste

Catalogue disponible

Life of Books, 2014, collage, 32 x 45 cm

Life of Books, 2014, collage, 32 x 45 cm

La galerie Vidal-Saint Phalle est heureuse de présenter la troisième exposition personnelle de Lance Letscher en France.

Lance Letscher a 48 ans. Il vit et travaille à Austin (Texas).

Il a été exposé dans de nombreuses galeries aux Etats-unis : Aux Howard Scott Gallery (New York et Chicago)

Steven Wolf Gallery (San Francisco) ; Conduit Gallery (Dallas, Texas); Richard/ Bennett Gallery (Los Angeles), à Austin (McMurtrey Gallery 2002-2006, David Berman Gallery, 2001-2006)

Il a également exposé en Europe :

à Barcelone (Art Gaspar, 2004) à Munich (galerie Renate Bender, 2003), à Berlin (galerie Tammen), à Bruxelles (galerie Polar).

Il est représenté dans diverses collections publiques :

Museum of Fine Arts, Houston, Museum of Fine Arts, Austin, Museum of Southeast Texas, Beaumont, Texas, Tyler Museum of Art, Tyler, Texas, notamment.

Lance Letscher utilise le bois, le marbre, les vieux livres et le papier, qu’il détourne.

Comme l’écrit le critique Jonathan Goodman :

« Grâce à des répétitions de formes, Lance Letscher crée des formes rythmiques, qu’il développe intuitivement, ici par le jeu parallèle de bandes colorées, là par la naissance de formes géométriques insolites et magnifiques… »

Lance Letscher incorpore également dans ses collages des mots, des phrases extraites de livres de poche ou de vieux catalogues, lettres manuscrites trouvées aux puces.

Comme le dit le conservateur du musée d’Austin, Texas, Mme Dana Friis-Hansen « sans que l’on cherche à en deviner entièrement le sens, chaque bloc de mots résonne en nous et notre inconscient.

Lance Letscher lui-même explique :

« Ma méthode de travail consiste d’abord à empiler les matériaux à les découper en parties, puis à assembler celles-ci, les coller, les mettre sous presse et les re-découper à nouveau pour aboutir à leur forme finale. Enfin je les assemble dans une composition préliminaire sans les coller. Je défais cette première composition jusqu’à ce que ça devienne intéressant. Je transfère ce qu’il en advient sur un panneau, je les colle, les mets sous presse et laisse sécher…

Mon emploi de lettres et de mots a pris différentes directions. À l’origine il s’agissait d’exprimer une pensée chaotique et délibérément incomplète. Maintenant un nombre important de travaux se présentent comme des cartes ou des diagrammes mentaux. Ceux-ci insistent habituellement sur les phénomènes de ruptures et de provocation à l’égard du spectateur. Je détourne à dessein les mots auxquels je fais allusion ou les images auxquelles je fais référence. »

 

Little Lulu, 2014, collage, 25.5 x 19 cm

Little Lulu, 2014, collage, 25.5 x 19 cm

 

Markus Lüpertz

April 01, 2011

Œuvres sur papier

5 mars – 23 avril 2011

Vernissage le samedi 5 mars de 15 h à 19 h

-catalogue disponible-

Markus Lüpertz est né en 1941 en Bohème.

Peintre et sculpteur, Markus Lüpertz est un des artistes majeurs de la scène allemande contemporaine. Il a également exercé un rôle académique important à la Kunstakademie de Düsseldorf et à l’académie des Beaux-Arts de Karlsruhe. Son journal Frau und Hund (Femme et chien) a été récemment publié.

Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques.

En 2010 deux grandes rétrospectives lui ont été consacrées : l’une à l’Albertina Museum de Vienne Metamorphosen der Weltgeschichte (Métamorphoses de l’histoire mondiale), l’autre au Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn. On peut voir actuellement certaines de ses œuvres au Musée Maillol, Paris, à l’exposition C’est la vie.

Markus Lüpertz vit et travaille à Berlin, Düsseldorf et Karlsruhe.

Pour sa première exposition de l’artiste, la galerie a choisi de présenter une trentaine d’œuvres sur papier consacrées à la figure et au corps humain (de 1976 à 2006).

Le travail de Markus Lüpertz oscille, depuis toujours, entre abstraction et figuration.

Les formes qu’il développe peuvent être inspirées aussi bien par le quotidien, le trivial (une pelle, une gerbe de blé ou des empreintes de pneus sur une route) que par le sublime (Mozart, les souffrances de Saint Sébastien…). Elles sont volontiers, et à l’image de l’artiste lui-même, théâtrales ou provocantes, bien qu’il s’en défende en ces termes :

«Un artiste ne provoque pas. Il réalise seulement son idée de grand art, de perfection.»

Markus Lüpertz a toujours cherché un point d’équilibre, un terrain d’entente entre le passé et le présent, le monde classique et le monde contemporain. Il veut se situer à l’écart des avant-gardes, dans une position post-moderne. Dans cette position, il lui est important de payer au passage son tribut à la grande peinture, de poursuivre un dialogue avec l’Histoire et l’histoire de l’art. Il le fait avec liberté et beaucoup d’aisance dans les formes.

Dans le travail de Markus Lüpertz les thèmes d’inspiration reviennent à des années d’intervalle, mais s’épurent avec le temps. Cette fidélité thématique symbolise l’unité profonde de son travail.

Il est significatif que le peintre se refuse à dater ses œuvres.

Markus Lüpertz travaille volontiers par séries. Il peint d’après Poussin, d’après Corot, d’après Courbet…et revisite les grands thèmes mythologiques (Daphné, Apollon, Prométhée, Parsifal), bibliques, les grands mythes littéraires qu’il traite avec « urbanité et ironie » comme l’écrit Rainer Metzger dans l’introduction au catalogue de l’exposition à l’Albertina Museum (2010).

Il y a chez Markus Lüpertz un lien dynamique entre le travail de peinture et de sculpture. Sur le papier Markus Lüpertz semble retrouver les gestes du sculpteur. Les figures et corps de Markus Lüpertz sont peints en masses disproportionnées, en surfaces grossières traversées par des éclairs de couleurs, en fragments coloriés avec un souci de volume et de mouvement.

Markus Lüpertz laisse peu de place à une dimension narrative, psychologique de ses personnages. Les figures qu’il peint ne sont jamais des portraits où l’intelligence psychologique aurait sa place, ni des allégories. Elles désignent le tragique de la condition humaine, dans la nudité du corps ou le costume de la mort. Versant parfois dans l’ironie inquiète, la complicité amusée, elles explorent différentes densités de facture et d’expressivité du trait, elles ont une dimension fictionnelle, onirique.