Entre chien et loup

November 26, 2010

26 novembre 2010

L’exposition « Entre chien et loup » réunit quatre artistes dont les travaux sur papier -présentés à la galerie- sont visiblement marqués par une communauté d’intérêts, un voisinage de préoccupations.

Ils évoquent d’abord la même atmosphère de nuit, de tombée du jour, de lumière qui s’assourdit, d’où le titre de l’exposition.

Ils témoignent également d’un même souci de rigueur formelle, rigueur qui emprunte des formes abstraites, ou qui, en tous les cas, tient la figuration à distance en voilant la réalité.

Ces travaux sur papier, enfin, ne sont petits que par leur format. Ils occupent tout l’espace et donnent l’impression de pouvoir se développer en de plus grandes images.

 

Lucie Beppler est née en 1961 à Wetzlar an der Lahn (Allemagne).

Elle travaille sur papier, est photographe et sculpteur.

Elle expose régulièrement en Allemagne (Berlin, Francfort, Munich, Darmstadt, Saarbruck, Brême, Hambourg, Stuttgart notamment), en Hongrie (Muséee hongrois de la photographie, 2000), en Corée (Musée de la photographie, Séoul, 2005), en Suisse.

Le travail sur papier de Lucie Beppler, sous un rendu abstrait, est proche de la nature, mêlant microcosme et macrocosme, pouvant d’un dessin évoquer aussi bien des structures cellulaires, des paysages, des cosmogonies.

Des rythmes d’une extrême finesse accompagnent les partitions de la nature. La densité tout aussi extrême de certains noirs crée une nuit profonde, une nuit de plomb. De petits formats mais « unlimited ».

Bertram Hasenauer , est né en 1970 à Saalfelden (Autriche).

Il travaille sur papier et sur toile. Il expose régulièrement en Autriche (Salzburg, Museum der Modern Salzburg, Rupertinum, 2010, Bregenz, Vienne, Saalfaden, Graz), en Allemagne (Berlin, 2008, Österreichisches Kulturforum, Cologne), en Angleterre (Londres).

Si sur toile le thème du travail récent de Bertram Hasenauer est le portrait, sur le papier le monde qu’il décrit est fréquemment celui du paysage nocturne. On y retrouve la campagne sous la lumière de la lune, des branches, des haies mystérieuses d’arbres, des successions de nuages, des grottes obscures.

Karoly Keserü est né en 1962 à Budapest (Hongrie).

Il travaille sur papier et sur toile. Il expose régulièrement en Angleterre (Londres, 2009, Centre Culturel Hongrois), en Hongrie, en Australie (Melbourne), aux Etats-Unis (New York).

Le travail de Karoly Keserü est fondamentalement empreint de préoccupations formelles, du souci de structurer un langage à partir de moyens très simples (le point, la ligne, la grille). Ponctuations et nervures nous proposent une trame grise régulière : celle-ci se déchire pourtant, se fragmente, pour créer des rythmes aigus, vus de près, des rythmes aérés vus de loin – effets de plis ou de rideau.

John Sparagana est né en en 1958 à Rochester, New York.

Il expose régulièrement aux Etats-Unis (New York, Houston, Chicago) et en Europe (Berlin, Edinbourg, Naples). Il est photographe et travaille sur le papier. Dans les travaux qui sont présentés ici, le papier transparent plié, froissé, est posé partiellement sur la photo, formant sur elle comme une peau, et le rapport de l’un à l’autre est étrange, métaphorique. Le jeu d’écran accentue les effets de cadrage et de décalage entre le visible et l’invisible. Cette série « Sleeping Beauty » a fait partie de l’exposition qui lui a été consacrée en 2006 au Museum of Contemporary Photography de Chicago.

 

Max Neumann – Sleepy blue eyes

September 20, 2010

20 septembre 2010

25 septembre – 10 novembre 2010

La galerie Vidal-Saint Phalle a le plaisir de présenter sa dixième exposition personnelle consacrée à Max Neumann.

La figure est le sujet unique de Max Neumann. Une figure mystérieuse qui se reconnait entre toutes, dont on retrouve les éclatantes qualités de coloriste de son auteur, la simplification belle et efficace du trait, mais dont l’identification reste toujours imprécise :

Privée de regard, ou de nez, ou de bouche, elle n’est ni vraiment le portrait d’une personne déterminée, laquelle serait d’ailleurs dépouillée de tout attribut, de tout symbolisme qui contribuerait à l’identifier, ni l’archétype d’un caractère ou d’un état particulier; l’artiste, qui varie les allusions comiques ou grotesques, les rapprochements déconcertants, ne nous donne aucune indication permettant d’aller dans ce sens. Associée à des objets insolites, des images vaguement terribles, de simples masses sombres inquiétantes, cette figure se refuse à nous indiquer la solution à l’énigme mise en scène par l’artiste et où elle joue le rôle principal.

Chaque peinture, chaque dessin se lit-il comme l’écrit Gérard-Georges Lemaire comme “une chambre noire de la mémoire” ? S’agit-il de personnage(s) “sans visage, qu’on regarde comme on écoute une voix se taire” (Jean-Marie Tasset) ?

Max Neumann lui-même préfère parler de “paysage mental”, et se réfère à l’occasion à cette phrase de Flaubert : « La Forme est peut-être une erreur de tes sens, la Substance une imagination de ta pensée. »

Ces dernières années, le travail de Max Neumann s’est considérablement enrichi du changement des techniques utilisées : il a laissé de coté la détrempe et la liberté immédiate que confère ce médium liquide et travaille le plus souvent à l’huile.

D’où, dans les travaux récents, des solutions différentes à trouver dans le traitement des fonds, d’où une touche plus serrée, plus appuyée, ces effets nouveaux de matière, ces incisions dans la matière colorée, ces effets de “grilles” rendus par le passage d’un peigne métallique sur la toile ou sur la papier.

L’exposition “Sleepy blue eyes” rassemble une trentaine de dessins, de format 30 x 30 cm, réalisées en 2010 sur le même papier huilé, et une dizaine de dessins plus grands et de petites peintures récentes.

“Sleepy blue eyes” est le titre d’un des dessins – une figure dont il faut se pencher légèrement pour saisir le regard bleu finement esquissé, baissé sous d’invisibles paupières et ce joli titre – qui ne dévoile pas le mystère mais le complète, le signe- va bien à l’exposition toute entière :

Cette fois Max Neumann change de palette, utilise des bleus pâles, mais aussi des verts acidulés, des pourpres, des couleurs vibrantes, s’écartant de « ces éléments d’espace intérieur que sont les noirs pleins, les verts obscurs, les rouges crus associés aux partitions de blanc, de beige et de jaune » (Alain Tapié).

Max Neumann est née en 1949 À Sarrebruck, Allemagne.

Il expose régulièrement dans un réseau de galeries en Europe (à Cologne, à Madrid, à Bruxelles, à Milan, entre autres) et a exposé dans de nombreuses institutions publiques (Musée Folkwang d’Essen, Musée du Schleswig-Holstein, Musée des Beaux-Arts de Sarrebruck, Musée d’Ixelles, Bruxelles).

 

 

Joseph Hart, Out of Moments, 6 mai – 15 juin 2010

May 19, 2010

19 mai 2010

I work on paper, incorporating a variety of approaches and materials including painting, drawing, and cut paper-collage. I intend to create awkward yet resolved compositions that emphasize balance, small moments, push and pull, calm and chaotic, hard and soft, and other forms of tension and paradox. Manipulating images, applying color and marks over and over, folding, cutting, editing, re-working, destroying and building back up, all play essential roles in my studio practice. My treatment is very controlled at times, and loose at others, creating a diverse arrangement of marks and gestures that might suggest the shape of a tool or weapon, vessel, artifact, a decaying floral still-life, the contour of a figure, or the sum of these objects unraveling into delicate abstraction.I currently utilize visits to museums and reproductions from art history books as platforms for examining the politics and economics of display, and how value can be suggested through different modes of presentation. Fixtures such as vitrines, shelves, frames, and plinths are reoccurring images in my work, providing formal structure while also serving as symbols of significance.

Sans titre, 2011, Tm sur papier, 71 x 55 cm

Sans titre, 2011, Tm sur papier, 71 x 55 cm

Je travaille sur le papier, intégrant différentes approches, différents matériaux, la peinture, le dessin, le papier découpé et le collage. Je cherche à créer des compositions à la fois maladroites et finies, qui restituent un équilibre, de brefs moments, qui mettent en valeur l’avancée et le retrait, le calme et le chaos, la dureté et la douceur, et toutes formes de tension et de paradoxe. Manipuler les images, appliquer de la couleur, y imprimer des marques, encore et encore, plier, découper, monter, reprendre, détruire et reconstruire, tout cela est une partie essentielle de mon travail à l’atelier. Mon geste est parfois très contrôlé, d’autres fois je procède de façon plus lâche, créant un assemblage de signes et de gestes qui pourraient aussi bien suggérer la forme d’un outil ou d’une arme, un vaisseau ou un objet d’art, une nature morte florale qui se fane, une silhouette, que la somme de tout cela se résolvant en une délicate abstraction. J’utilise mes visites dans les musées, je me sers des reproductions qu’on trouve dans les livres d’histoire de l’art, pour poser la problématique – politique et économique – de la façon dont sont présentées les œuvres d’art, et de la valeur qui leur est attribuée en fonction de leurs modes de présentation. Des éléments comme des vitrines, les étagères, les cadres, les plinthes, sont des images récurrentes dans mon travail, me fournissant une structure formelle en même temps qu’ils servent de signifiants.

Joseph Hart

Joy Lapse, 2010, tm sur papier, 48 x 38 cm

Joy Lapse, 2010, tm sur papier, 48 x 38 cm

20 Ans Après

April 22, 2010

20 ans après

1 avril – 4 mai 2010

La Galerie Vidal – Saint Phalle célèbre ses 20 ans d’activité en présentant un ensemble d’œuvres des artistes qu’elle expose :

Martin Assig, Tony Bevan, Lorenz Estermann, Joseph Hart, Olav Christopher Jenssen, Per Kirkeby, Lance Letscher, William MacKendree, Thomas Müller, Max Neumann, Piero Pizzi Cannella, Tiphaine Popesco, Albert Ràfols-Casamada, Pierre Tal-Coat

Elle a eu le plaisir – pour la majeure partie de ces artistes – de montrer la première fois leurs œuvres en France et elle est particulièrement heureuse de travailler avec certains depuis le début de son activité.

La galerie a régulièrement réalisé des catalogues ou des livres pour ces artistes, soit à l’occasion des expositions dans ses murs soit à l’occasion des expositions muséales auxquelles elle a participé.

 

Schwontowski, das gebet, 2000, tm sur toile, 80 x 70 cm

Schwontowski, das gebet, 2000, tm sur toile, 80 x 70 cm

20 years later

1st of april- 4th of may 2010

The Vidal-Saint Phalle Gallery celebrates it’s 20 years of activity presenting a group of works of the artists the gallery exhibits:

Martin Assig, Tony Bevan, Lorenz Estermann, Joseph Hart, Olav Christopher Jenssen, Per Kirkeby, Lance Letscher, William MacKendree, Thomas Müller, Max Neumann, Piero Pizzi Cannella, Tiphaine Popesco, Albert Ràfols-Casamada, Pierre Tal-Coat

The gallery has had the pleasure –for the majority of the artists- to have shown their works for the first time in France and we are particularly pleased to still be working with some of them since the beginning of our activity.

The gallery has regularly edited catalogues or books for theses artists, either for exhibitions within the space or for joint exhibitions with museums.

Grenadine Painting - Allegory, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting – Allegory, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting - Ingredience, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting – Ingredience, huile sur toile, 52 x 42 cm

 

 

 

Olav Christopher Jenssen

July 31, 2013

 

Journal n°2

12 décembre- 30 janvier 2010

Vernissage le 12 décembre en présence de l’artiste

Livre disponible

 

olav2

Parmi les créateurs, les inventeurs de formes se révèlent peu nombreux. Or c’est la première évidence d’une exposition d’Olav Christopher Jenssen : sa peinture nous communique un vif sentiment de la nature mais les formes que nous proposent ses dessins et ses toiles sont d’un langage neuf, d’une abstraction nouvelle. C’est pourquoi sans doute Olav Christopher Jenssen, peintre norvégien (né en 1954) qui travaille à Berlin et en Suède, apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux artistes de la peinture nordique contemporaine et même, aux yeux de beaucoup d’artistes allemands, comme un chef de file profondément novateur.

Olav Christopher Jenssen a pu concentrer son activité sur la couleur, le vide, l’espace, la lumière cristalline (le blanc joue un rôle essentiel dans son œuvre et il est tentant d’associer ce blanc à la neige ou au froid) et l’indépendance d’un langage pictural vraiment personnel. Voilà un artiste qu’on a rapproché parfois des ruptures de Cy Twombly et qui semble n’avoir pas douté, encore moins désespéré de la peinture ! Certes, à l’intérieur de ce monde de peinture, Olav Christopher Jenssen a pu dérouter fortement : il n’a pas hésité à changer radicalement sa manière « turbulente » en optant pour des constructions sobres et contemplatives, passant d’une matière appliquée au couteau à de fines et douces étendues de couleurs… Une chose est sûre : que l’œuvre, jamais préconçue, soit minimale ou orchestrée, le plaisir de peindre est sa signature. C’est un bonheur avoué, revendiqué par l’artiste, aussi manifeste que l’omniprésence sous-jacente de la nature et que la liberté donnée à l’air, à la crudité expressive du blanc et de la couleur.

Le peintre aime travailler par séries, envisager ses expositions comme des ensembles composés dans leurs moindres détails et il conçoit généralement lui-même ses catalogues au point qu’une grande unité structurelle s’en dégage. Et il aime donner des titres à ses expositions, ainsi celle-ci s’intitule « Journal Vol .02 ».

En effet, depuis 1986 Olav Christopher Jenssen tient un journal sous forme d’œuvres sur papier. Les œuvres exposées à la galerie constituent le deuxième volume de ce journal, elles sont réalisées à l’occasion des différents séjours à l’étranger de l’artiste. Elles utilisent les mêmes techniques (pastels, aquarelle, fusain) et empruntent des formats familiers à l’artiste (25 x 18 cm, 56 x 76 cm)

L’œuvre d’Olav-Christopher Jenssen a été largement exposée en Norvège, Suède, Danemark et Finlande et dans de nombreux musées en Allemagne. Elle a été aussi montrée au British Museum et au Centre Culturel de Arte Contemporaneo, Mexico. Une importante exposition itinérante, Panorama, est présentée en 2009-2010 : Kunsthallen Brandt, Odense (Danemark), Sörlandets Kunstmuseum, Kristiansand (Norvège), KIASMA, Helsinki (Finlande).

En France, l’œuvre d’Olav Christopher Jenssen figure dans les collections publiques du Centre Pompidou, du FNAC, de la B.N.F. et du Musée des Beaux-Arts de Nantes.

Grenadine Painting - Predestine, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting – Predestine, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting - Simultan, huile sur toile, 52 x 42 cm

Grenadine Painting – Simultan, huile sur toile, 52 x 42 cm

© Dominique d’Arnoult