Max Neumann dans la Gazette de Drouot

Œuvres récentes

Des peintures monumentales, dont le mystère renvoie à la présence forte. Des figures se découpent sur un fond évoquant un décor rationnel. Pas de signes distinctifs, regard et bouche absents, aucun pathos, mais la certitude d’être face à une entité picturale.

Max Neumann, né en 1949 à Sarrebruck, gomme tout ce qui pourrait distraire notre perception de ces grandes formes plastiques simplifiées, schématisées, optant pour un anonymat qui recourt à l’essentiel. Des contrastes puissants évocateurs des fresquistes ou des affichistes, un art de la synthèse plastique servi par une économie de couleurs. Deux plans, trois parfois, écrivent le dédoublement de la figure, son aspiration par le fond ou son resurgissement à travers des éléments de décor communs. En regard, les dessins prolongent cette énigme visuelle avec la prolifération de formes, d’objets dont l’assemblage débouche sur une sorte de rébus. Leur aspect soyeux vient d’une nouvelle approche du papier, huilé et ciré, odorant. La lumière uniforme circule dans un espace voilé sur lequel l’imaginaire délivre une inventivité impromptue.

« Dessiner et peindre sont des temps différents », confie l’artiste. Le dessin dispense un mystère bruissant de la légèreté des touches posées sur des feuilles de registre, de journaux. La peinture revendique une solennité par la rigueur du dessin dont les territoires s’imbriquent dans un hiératisme formel. Eclatante, la couleur – bleu, vert, rouge, noir, blanc – hante longtemps notre mémoire.

Lydia Harambourg

Recent works

Monumental paintings whose mysteries echo a strong presence. Figures cut out of a backdrop that suggests rational spaces. No distinctive signs, absent eyes or mouths, no pathos, but the certainty to be in front of a pictorial entity. Max Neumann born in 1949 in Sarrebruck, erases anything that could distract our perception of these plasticized and simplified great shapes, that are schematic and that opt for an anonymity that goes straight to the point. Strong contrasts that recall the work of frescos and printing, an art of plastic synthesis served by an economy of color. Two layouts, sometimes three, tell us about the duplication of the figure, it’s aspiration by the backdrop or it’s resurgence thru different elements of common surroundings.

While looking at them, the drawings continue this visual enigma with the proliferation of shapes, objects that if you link create a certain puzzle. Their silky aspect comes from a new approach to paper, oiled and waxed, but also fragrant. The uniform light circulates in a veiled space upon which our imagination immediately set free an impromptu inventiveness.

“To draw and to paint are different moments” reveals the artist.

Drawing provides a mystery in the rustling of touches of paint on the sheets of registrars or newspapers. Painting claims a solemnity by the rigor of the drawing of which the territories overlap in a hieratic formality. Dazzling, the color – blue, green, red, black, white, haunts our mind for a long time.

Lydia Harambourg

Gazette de Drouot