Max Neumann – Sleepy blue eyes

20 septembre 2010

25 septembre – 10 novembre 2010

La galerie Vidal-Saint Phalle a le plaisir de présenter sa dixième exposition personnelle consacrée à Max Neumann.

La figure est le sujet unique de Max Neumann. Une figure mystérieuse qui se reconnait entre toutes, dont on retrouve les éclatantes qualités de coloriste de son auteur, la simplification belle et efficace du trait, mais dont l’identification reste toujours imprécise :

Privée de regard, ou de nez, ou de bouche, elle n’est ni vraiment le portrait d’une personne déterminée, laquelle serait d’ailleurs dépouillée de tout attribut, de tout symbolisme qui contribuerait à l’identifier, ni l’archétype d’un caractère ou d’un état particulier; l’artiste, qui varie les allusions comiques ou grotesques, les rapprochements déconcertants, ne nous donne aucune indication permettant d’aller dans ce sens. Associée à des objets insolites, des images vaguement terribles, de simples masses sombres inquiétantes, cette figure se refuse à nous indiquer la solution à l’énigme mise en scène par l’artiste et où elle joue le rôle principal.

Chaque peinture, chaque dessin se lit-il comme l’écrit Gérard-Georges Lemaire comme “une chambre noire de la mémoire” ? S’agit-il de personnage(s) “sans visage, qu’on regarde comme on écoute une voix se taire” (Jean-Marie Tasset) ?

Max Neumann lui-même préfère parler de “paysage mental”, et se réfère à l’occasion à cette phrase de Flaubert : « La Forme est peut-être une erreur de tes sens, la Substance une imagination de ta pensée. »

Ces dernières années, le travail de Max Neumann s’est considérablement enrichi du changement des techniques utilisées : il a laissé de coté la détrempe et la liberté immédiate que confère ce médium liquide et travaille le plus souvent à l’huile.

D’où, dans les travaux récents, des solutions différentes à trouver dans le traitement des fonds, d’où une touche plus serrée, plus appuyée, ces effets nouveaux de matière, ces incisions dans la matière colorée, ces effets de “grilles” rendus par le passage d’un peigne métallique sur la toile ou sur la papier.

L’exposition “Sleepy blue eyes” rassemble une trentaine de dessins, de format 30 x 30 cm, réalisées en 2010 sur le même papier huilé, et une dizaine de dessins plus grands et de petites peintures récentes.

“Sleepy blue eyes” est le titre d’un des dessins – une figure dont il faut se pencher légèrement pour saisir le regard bleu finement esquissé, baissé sous d’invisibles paupières et ce joli titre – qui ne dévoile pas le mystère mais le complète, le signe- va bien à l’exposition toute entière :

Cette fois Max Neumann change de palette, utilise des bleus pâles, mais aussi des verts acidulés, des pourpres, des couleurs vibrantes, s’écartant de « ces éléments d’espace intérieur que sont les noirs pleins, les verts obscurs, les rouges crus associés aux partitions de blanc, de beige et de jaune » (Alain Tapié).

Max Neumann est née en 1949 À Sarrebruck, Allemagne.

Il expose régulièrement dans un réseau de galeries en Europe (à Cologne, à Madrid, à Bruxelles, à Milan, entre autres) et a exposé dans de nombreuses institutions publiques (Musée Folkwang d’Essen, Musée du Schleswig-Holstein, Musée des Beaux-Arts de Sarrebruck, Musée d’Ixelles, Bruxelles).

 

 

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