Per Kirkeby – Oeuvres récentes

Œuvres récentes

13 octobre –1er décembre 2012

Vernissage le samedi 13 octobre de 16h à 20h en présence de l’artiste

“Les longues heures du coucher du soleil sont l’endroit du monde où j’ai grandi.”

Per Kirkeby

La Galerie Vidal- Saint Phalle est heureuse d’exposer pour la cinquième fois un ensemble d’œuvres de Per Kirkeby.

Une importante suite d’expositions muséales ont consacré ces dernières années le travail de ce grand artiste.

D’abord en 2009 à la Tate Modern de Londres et l’année suivante au Museum Kunstpalast de Dusseldorf. Puis en 2011 au Museum für Druckkunst de Leipzig et au Leopold-Hoesch-Museum de Düren. Enfin en 2012 au Byzantine and Christian Museum d’Athènes, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au Museum Küppersmühle de Duisburg, à la Städtische Galerie de Karlsruhe, au Museum Schloss Wilhelmshöhe de Kassel, notamment et ce mois à la Phillips Collection de Washington.

Enfin la collection Michael Werner exposée actuellement au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris comprend des œuvres majeures de l’artiste.

Comme l’écrit Achim Borchardt-Hume dans son introduction au catalogue de la Tate Modern :

L’œuvre de Per Kirkeby peut désarçonner, étant donnée la variété des médiums utilisés et des formes stylistiques empruntées par l’artiste: peintures, sculptures, architectures, dessins, performances, estampes ou cinéma. Kirkeby est également l’auteur de recueils de poésie, d’essais, de textes courts qui permettent de mieux comprendre sa pratique ainsi que celle d’artistes qu’il estime : Le Greco , Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Peder Balke, Jens Ferdinand Willumsen et Pablo Picasso pour ne citer que quelques-uns. Cependant on comprend que cette création universaliste de Kirkeby est un appareil où, dominant contradictions et ambiguïtés, il trouve sa force.

Kirkeby dit, non sans humour, dans un entretien avec Siegfried Gohr :

Il y a deux qualificatifs que je déteste quand on parle de mon travail. Le premier est « paysages » le second est « coloriste », je les ai toujours détestés. Je suis un homme de la ville. Je n’ai jamais eu avec le paysage cette sorte de relation « oh quelle jolie vue ». Pour moi le « paysage » est un concept historique, une forme de cliché qu’on peut abandonner à tout moment, mes peintures ne sont pas spécialement «des peintures de paysages »

Poul Erik TØJNER écrit dans la monographie consacrée en 2003 à Per Kirkeby « Long voyage vers l’ordinaire » :

Kirkeby a su éviter les tentatives désespérées de l’avant-garde d’échapper à la tradition, sans pour autant s’abandonner lui-même à une forme d’académisme qui serait pire encore. Il y a réussi en maintenant le point de vue historique qui est le sien. Pour Kirkeby la leçon de l’histoire de l’art est que sous le traditionalisme on trouve des éléments méconnus, expérimentaux, étranges ou bizarres, et que l’avant garde peut trouver dans la tradition des éléments d’inspiration.

Richard Leydier, dans le texte introductif de cette exposition :

La destruction compose l’ADN de la peinture de Kirkeby. Déterminer le point d’orgue de l’achèvement du tableau n’est pas sans résonner avec le fragile équilibre des paysages verticalisés qui s’y élèvent. Ces derniers apparaissent tranchés, comme après une coupe violente révélant les lignes de faille, les veines granitiques et les argiles, mais aussi les troncs d’arbres abattus ou fièrement dressés, les clairières et les ciels de fin du monde. Les tableaux de Per Kirkeby révèlent une structure commune aux êtres, aux choses bâties par les humains et aux créations dites naturelles, tous innervés par une même énergie vitaliste. Mais ce temps créateur est par ailleurs dévorant, il préside aussi à une même destinée des montagnes, des architectures fussent-elles millénaires, à travers leur érosion, leur ruine, leur disparition.

Sans titre, 2010, huile sur toile, 200 x 145 cm

Sans titre, 2010, huile sur toile, 200 x 145 cm