Artpress Octobre 2015

November 05, 2015

Bernard Vidal

Le Galeriste

Somogy

« Le monde est un théâtre. De la galerie, on voit les collectionneurs comme de son balcon. » Dans une tonalité intimiste , Bernard Vidal, vingt-cinq ans après l’ouverture de la galerie Vidal-Saint Phalle, livre un florilège des expériences professionnelles et artistiques qui ont jalonné son parcours. Il se plaît à organiser ses écrits comme il pense l’art / une suite de tableaux agencés en une plaisante variation. plusieurs anecdotes drolatiques se donnent comme clé de voute du récit : des arnaques d’un collectionneur sans le sou à la fièvre acheteuse compulsive d’un François Larsen dit Larsen-Lupin, en passant par les mondanités des vernissages et les attentes interminables dans les foires où le galeriste, comparé au forain, « attend le client ». Aux souvenirs empreints d’une émouvante authenticité, Vidal appose par touches ses réflexions autour de la peinture, de la beauté, de l’abstraction, et même de Cézanne ou du plus lointain Baldovinetti, et propose des constats variés sur les vices et coutumes du métier: de la faculté des enfants à transformer une galerie en cour de récréation ou de l’inutilité du livre d’or.

Organigramme amusé des différents protagonistes de la société artistique , Le Galeriste passe en revue l’adjointe de la culture, l’expert, le collectionneur, le conservateur, l’artiste (Victor l’ahuri, la colérique Aurelie, le susceptible Cavaillès, Natta Konycheva, Max Neumann et les autres). Avec l’élégance qui le caractérise, son oeil critique et sa sensibilité artistique, le galeriste compose avec la naïveté, le caractère parfois pompeux, l’excentricité et l’enthousiasme de ces acteurs. Et le charme opère. Avec nostalgie et humour, dans un style coloré, animé et poétique, il donne vie au théâtre de l’art contemporain.

Raphaëlle Romain

ArtPress Octobre 2015

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Télérama Sortir 01 /2015

January 28, 2015

Après Francis Bacon, Lucian Freud ou encore Frank Auerbach, la peinture britannique est toujours en veine si l’on observe bien la renommée et la vitalité d’un Peter Doig ou d’une Fiona Rae. C’est donc avec curiosité qu’il faut aller voir un artiste d’outre-Manche peu connu sous nos contrées, montré à la galerie Vidal-Saint-Phalle. La première exposition d’Andrew Seto, né en 1966 à Edimbourg et installé à Londres, montre une suite de petits tableaux, tous du même format, légèrement empâtés, qui déclinent, en variations abstraites, les motifs géométriques et les polyèdres enluminés, prétextes à la rythmique des couleurs et des tons gris et terre. On suit à l’œil cette apparition.

Telerama Sortir English

After Francis Bacon, Lucian Freud or Frank Auerbach, British painting is still in vein if we observe the reputation and vitality of a Peter Doig or Fiona Rae. So our curiosity should take us to see the work of an artist from Great Britain little known in France and now shown at the gallery Vidal-Saint Phalle. This first parisian exhibition by Andrew Seto, born in 1966 in Edinburgh who then moved to London,   shows a series of small paintings, all the same size, slightly imbedded, which decline, in abstract variations, geometric patterns and illuminated polyhedral, pretexts to the rhythm of colors,  shades of gray and earth tones. Our eye must follow this apparition.

Laurent Boudier

Critique Télérama Olivier Cena

November 13, 2014

Kirkeby

Critique Télérama Sortir

« Les longues heures du coucher du soleil sont l’endroit où j’ai grandi », avoue Per Kirkeby, 74 ans, peintre et sculpteur danois, artiste des plus reconnus dans son pays et consacré par des rétrospectives récentes à la Tate Modern de Londres ou au Bozar de Bruxelles. Voilà donc une formidable chance de vivre une rencontre épatante avec ses toiles récentes, paysages ou natures mortes. Le geste juvénile s’y exprime avec brio et émotion, ainsi que les couleurs diaprées, jaune soufre et vert forêt, la lumière savante et une très prégnante mélancolie d’un temps qui s’enfuit. On se réserve dare-dare un peu de temps pour cette belle âme nordique…